CAMPITELLO est une petite commune située à 42 Km de Bastia. Ce village comptait en 1880 cinquante familles et comportait trois hameaux: Bagnolo, Progliolo, Panicale. C’est dans ce dernier lieu que la Vierge Marie s’est manifestée.

 Hélène PARSI est née le 29 novembre 1884. Son père, homme juste et pieux s’appelait François. Sa mère, née Françoise LORENZI et originaire de Pietralba était aussi une femme trés pieuse. Ils élevèrent une famille de 8 enfants, dans la confiance de la bonté divine car le ménage était pauvre. Parmi ces enfants se trouvait Madeleine dite Lelléna, elle avait été baptisée le 14 décembre 1884 et avait fait sa première communion le 15 août 1897.

Première apparition :

   Un événement se place dans la vie de cette remarquable et pieuse jeune fille. Je lui laisse la parole. Le lundi 26 juin 1899 ,dit-elle, j’avais fait la sainte Communion à la messe. Vers onze heures, au moment où les enfants sortaient de l’école, une de mes compagnes, à peu près de mon âge, nommée Perpétue Lorenzi, est venue me demander si je voulais aller chercher du bois avec elle, pour sa mère qui allait pétrir le pain.

 .Je me suis sentie tout de suite portée à dire oui, malgré la chaleur qui était très forte ; et c’est avec une grande joie au cœur, joie et désir que je ne m’expliquais pas, que je l’accompagnai immédiatement, malgré les craintes de ma mère, car j’avais les jambes malades.  Après avoir passé le Casalèse, et en route pour faire notre fagot, vers midi, arrivées au-dessus de la fontaine Mondulo-Prête, tandis que nous causions ensemble du bonheur que j’avais eu de communier, de mon désir de me faire religieuse et que je lui apprenais, en marchant, les prières pour qu’elle puisse être admise à la 1ère Communion, car elle ne savait pas lire et désirait vivement les savoir, tout à coup, nous avons entendu des chants merveilleux, des chœurs tellement beaux qu’on ne peut pas le dire!  C’était un Cantique, dont le refrain est :

 La voix du peuple fidèle

 Chante à l’envie ton bonheur ;

 On t’appelle toute belle

 Oh! Mère du Rédempteur

 Car la tache originelle

 Jamais n’a souillé ton cœur.

   Toutes surprises, nous avons entendu deux couplets et en cherchant d’où venaient ces voix admirables, nous courons vers le lieu d’où provenaient ces chants si mélodieux. Mais les chants ayant cessé, nous voyons de suite, au-dessus du rocher, ( ce rocher au-dessous duquel depuis a jailli la fontaine), apparaître une belle si belle Dame, qu’on ne peut le décrire.  Elle était de belle taille, tout habillée en blanc, avec un voile bleu ciel en forme de manteau. Des rayons lumineux formaient une couronne sur sa tête. Ses pieds nus étaient posés sur un nuage et nous distinguions même les ongles, tant la clarté qui l’environnait était grande. Sa figure était d’une beauté dont on ne peut se faire une idée. Ses yeux regardaient le ciel et ses mains étaient jointes, dans l’attitude de la prière.

     Puis nous avons récité  le chapelet ensemble, toujours en regardant la Belle Dame, que nous ne pouvions  nous lasser de contempler ! Après un temps qui nous a paru à peine quelques minutes, la Très Sainte Vierge, de la main droite, a tracé sur nous un grand signe de croix, toujours en nous souriant et s’est élevée en ouvrant les bras vers le Ciel, où nos regards l’ont suivie, jusqu’à ce qu’elle ait complètement disparue …

 C’est alors que nous nous sommes aperçues, à notre grand étonnement, que le soleil était déjà couché depuis longtemps ; il pouvait être 8 heures du soir. Qu’allait-on penser de notre longue absence ! …et nous n’avions pas ramassé du bois encore ! …Nous allions être grondées ; nos mères devaient être inquiètes…

  Pour rentrer plus vite, nous sommes parties par le chemin opposé à celui que nous avions pris. En hâte, nous avons ramassé un peu de boi , tout en causant de ce qui nous était arrivé, puis nous nous sommes séparées au village…

  En rentrant chez mes parents, je suis allée tout droit dans ma chambre et j’ai continué à dire mon rosaire, sans parler de rien à ma mère, qui avait été inquiète de ma longue absence et avait demandé en vain aux uns et aux autres, si l’on m’avait rencontrée..

  Dans le village le motif de notre longue absence a été connu immédiatement .

Deuxième apparition :

Depuis que Lellena a eu l’immense bonheur de voir la Très Sainte Vierge, elle songe sans cesse à la contempler de nouveau. Le 3 juillet, pressée par une force mystérieuse, elle se rend, en compagnie de sa marraine, la Veuve Casanova, à l’endroit où elle a vu l’apparition le lundi précédent .Chemin faisant elle rencontre sa compagne Perpétue, qui a partagé sa joie le 26 juin et l’invite à son tour au champ des apparitions. Celle-ci est désolée de ne pouvoir se joindre à elle, car son père le lui a défendu ; il faut donc, et bien à regret, se soumettre. Arrivées en face de la roche, les deux pèlerines commencent la récitation du chapelet. Il est environ 4 heures du soir. Presque aussitôt la Vierge apparaît, vêtue comme la première fois, d’une robe blanche et d’un voile bleu ciel en forme de manteau. De ses deux mains l’Auguste Visiteuse, tient un rosaire, dont les grains sont si brillants, que rien ne saurait donner une idée de leur éclat. Elena est dans le ravissement !… Sa marraine se serre contre elle, dans l’espoir de jouir du même bonheur. Elle croit distinguer une silhouette blanche aux formes indécises. Il est déjà tard, lorsque la vision s’évanouit. Toutes joyeuses, elles rentrent à Panicale, et font simplement le récit de ce qu’elles ont vu à Fornivecchio.

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